Mnémosyne

Mnémosyne

 

Elle ne conduisait pas depuis longtemps et ressentait encore la petite pointe d'adrénaline lorsqu'elle dépassait les 90km/h. Elle se sentait libre et une partie d'elle même s'enthousiasmait de son pouvoir sur la voiture. Parfois, une envie la prenait de tourner brusquement le volant vers le fossé, pour savourer la réaction immédiate du véhicule. Il lui obéissait, même si de temps à autre son pied confondait le frein et l'accélérateur. Et la peur la réveillait instantanément. Tout en conduisant, elle lisait un carnet posé sur le siège à coté d'elle.

 

C'était à un concours hippique que j'ai rencontré pour la première fois Robert, qui allait devenir mon mari. Nous fument mariés à la Mairie de Pellegru, une bien belle journée malgré le temps orageux. Mauvais présage. Puis vint la naissance de Bernard : un petit garçon dont les médecins disait qu'il était prématuré. Bientôt cinquante ans, comme le temps passe vite.

Ensuite ce fût le tour de Roland  : le 6 mais 1965. son frère disait à sa tante qu'il était grand comme une bouteille. Bernard travaille à la SNCF à Paris. Roland est à Alcatel à Toulouse.

Elle tourne la page et une petite note au dos écrit rapidement attire son attention.

 

J'ai oublié quelque chose de très important. J'ai rencontré Robert à un concourt hippique.

 

Un camion arrivant en face lui fit faire une embardée, et elle s'attira les klaxon des voitures.

 

Je passe mon temps à lire, à écrire mes mémoires en contemplant les albums de familles. Mais dans les souvenirs, il y a du bon et du mauvais.

 

Le carnet ne payait pas de mine, un simple calepin à petit carreaux recouvert par une belle écriture. Mais c'était le journal de sa grand mère, tout juste retrouvé dans leur vieille maison.

 

Demain, les enfants et mes petits enfants arrivent. Agathe et Marcel. Agathe a neuf ans et Marcel six. Ils viennent de repartir. Mes géraniums ont étés détruit par l'orage. J'ai dit à Robert d'en racheté. Je dois faire refaire ma carte d'identité. Elle est périmé. C'est parce que j'ai été naturalisé. Mon père Antoine Steffanuto né le 14 février 1892 a vu arriver la première voiture. Il avait été à l'école du soir pendant son service militaire ce qui lui a permis d'apprendre à écrire l'italien, car il ne parlait que le dialecte vénitien. Mes parents se sont rencontrés : c'est le mariage. Antoine et Marie, époux de l'année 1923. Marié sans contraintes, une belle histoire...

Le 31 décembre 1923 naquit mon frère Enzo, c'étais la joie. Quatre an aprés je naquit, Irène, une fille enfin. Puis en 1941 Yvonne ma sœur arrive. J'ai eu du mal à reprendre l'école. C'est la dans le groupe scolaire que j'ai passé mon certificat d'étude, le seul diplôme que j'ai eu. Les années qui suivent et encore aujourd'hui, je pense que j'aurais pu faire mieux. L'école normale m'aurait plus mais hélas.

Deux ans après ma naissance mes parents et les parents de Severin comme j'ai dit auparavant ; sont descendue dans le sud-ouest de la France. Ils louèrent un wagon ou de chaque côté chacun rangea ce qui lui appartenait ( meuble, linge, bibelots, photos) mais la chance ne sourie pas toujours ; je n'ai jamais vu la cuisinière de Maman.

Nous avons atteris au Grand Renon. J'avais 2 ans. Nos parents ne savaient pas cultiver la vigne- un voisin leur appris.

Je suis allée à l'atelier mémoire. J'ai l'impression d'être à l'école. Je n'ai eu que mon certificat d'étude.

 

Quelques pages ont disparut et l'écriture se fait plus chaotique. La route est droite.

 

Christine m'a amener faire une longue promenade. C'est gentil de sa part. Chez le marchand de fleurs nous avons rencontrer une jeune personne qui a des problèmes. Je la plain « pauvrette ».

Me remettre a faire du canevas. Cela me tenaille. Je veux essayer. Je verrais bien, j’espère y arriver. Quan la nuit arrive, j'ai peur.

Je doi aller refaire ma carte d'identité demain. Robert doi téléphoner.On s'est disputé hier soir. Je sais que je ne suis pas une bonne personne mais quan même.

J'aimerais

Je suis dans le brouillar. Lire est difficile.

Dans le brouillar, écrire me fatigue.

Toujours dans le brouillar.

 

Le carnet s’arrêtait brusquement.

Elle venait d'arriver à La Réole, et la route était entouré par les champs et par la Garonne. Le fleuve était très bas, la sécheresse avait fait apparaître des petit îlots de sable et d'algues en son sein. Le village était autrefois un haut lieu du commerce, mais aujourd'hui la vie s'y étiolait. Quelques petites vieilles se promenaient dans la rue, un cinéma vantait étonnamment « des films en 3D numérique » et il y avait foule à la pharmacie. La maison de retraite se trouvait en haut de La Réole,la vue était splendide. Elle se gara difficilement, les manœuvres n'étant pas son point fort, et s'y repris plusieurs fois sous le regard amusé d'un passant. Son pare-choc cogna contre le trottoir.

 

Elle fut accueillit dans la maison de retraite par l'habituel trio de petites mamies qui lui parlèrent de leurs enfants, du temps qu'il faisait et de bien d'autre choses. Bertie était aussi là et s'agitait dans son fauteuil roulant. Auparavant, quand il marchait encore, il était connu comme voleur de gâteaux. Il s'introduisait en douce dans les chambres et s'empiffrait. Elle s'avança dans l'aile du Flaütat, et ne put réprimer un coup d’œil par les portes ouvertes. Partout, la télé hurlait les même stupidité, car ceux qui restaient dans les chambres n'étaient plus capable de changer de chaîne.

 

Arrivée au bout du couloir, elle toqua et ouvrit la porte. Sa grand-mère était face à la fenêtre, un livre à la main. Elle ne lisait plus depuis longtemps mais gardait ses habitudes, mais les mots avaient perdu leurs sens. Elle s'approcha mais la vieille dame ne la reconnu pas. Elle se présenta et une lueur de compréhension apparu dans son regard. Toutes deux se tinrent un moment la main, en silence, tout en contemplant l'extérieur.La jeune femme lui souhaita un bon anniversaire en lui offrit un cadeau soigneusement emballé. Les soixante dix-neuf bougies ne tenaient plus depuis longtemps sur le gâteau.

 

Confuse, la vieille dame hésita puis embrassa sa petite fille en lui disant « Bon anniversaire ». Elle posa le cadeau sans le déballer sur une étagère et repris son livre.

 

 

FIN

 

 

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Commentaires (2)

1. Tom Tixry (site web) 23/11/2014

C'est émouvant. Tendre, aussi. Les fautes d'orthographe sont faites exprès ? En tout cas j'aime bien.

2. elleetsoncrayon (site web) 24/11/2014

malheureusement oui

c'est le vrai journal de bord de ma grand mere, je n'y ai fait aucune modif

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